La nouvelle fascination des centres-villes 

Francfort construit dnas l'ancien dépôt des tramways un quartier agréable et séduit de nouveaux citadins

Des saucisses et du fromage dans le dépôt des trams. Ce n’est pas une mauvaise plaisanterie, mais le nouveau paysage à Francfort Bornheim. En plein milieu de ce quartier à forte densité de constructions, avec ses maisons de l’ère wilhelmienne, ses maisons à colombage, ses petits marchés et ses cafés ou l’on boit du vin de pomme, on a construit un nouveau quartier sur le sol laissé vaquant par la fermeture du dépôt des trams. Le point central en est la halle ou il fut un temps,  les tram de francfort y étaient entretenus. Mais elle était devenue un immense tas de rouille. Complètement démontée, toutes ses pièces ont été revues et remises à neuf. Remontée, elle est devenue un marché animé ou fruits et légumes frais sont vendus sur des étales alléchantes.

Ca, c’est exactement la mise en scène que les « nouveaux citadins » adorent, celle qui leur font quitter les périphéries pour le centre, qui leur rend la vie entre quatre murs si évolutive,  amusante, «palpitante». Depuis la réunification, les quartiers d’habitation des grandes villes de la Hesse vivent une explosion de la densification ; les derniers vides se comblent.

Le maître d’ouvrage, la ABG Frankfurt Holding, connait son marché. Elle s’est décidée pour cet endroit alors qu’elle planifiait la construction de 11 immeubles avec 140 logements au standard passif. Pour éviter de décevoir les riverains, elle a respecté toutes les règles de la philosophie de la construction urbaine, a organisé un atelier et a missionné trois agence d’architectes renommées : Albert Speer&Partner, Stefan Foster ainsi que Scheffler  und Partner. Francfort, ainsi en a décidé le chef de service de la planification, « va se consacrer davantage dans les années à venir au développement de son centre ville ». Un pré-penseur de cette philosophie qui est en ce moment fêté comme un prophète en Chine est Albert Speer. Albert Speer participe  lui-même au projet de Bornheim en construisant tout un immeuble. Il en appelle à ses collègues allemands : « ce qu’il faudrait faire est d’arrêter de construire dans les champs et de toujours bétonner de nouvelles surface. Nous devons au contraire revenir en centre ville et redensifier les quartiers ».

C’est la philosophie pour les décennies de réduction qui attendent l’Allemagne. A francfort ou Speer a le statut d’un « masterplaner », elle est déjà pratiquée depuis des années. Les plus beaux quartiers ont été gagnés sur les friches industrielles le long du fleuve. Y a-t-il pour cela un vrai besoin ? Certains des concepteurs englués dans leur phobie de la grande ville ne veulent pas y croire. L’institut Allemand pour l’urbanistique (Difu) de Berlin a voulu tester les grandes villes, avec des extrêmes comme Munich et Leipzig. Les résultats brisent les clichés mensongers de haine de la grande ville. Bien que (70/77) pourcent (Munich/Leipzig) des nouveaux citadins doivent payer plus cher pour leur habitation. A la question comment décrivez vous l’habitat en centre ville, 74/83 pourcent la décrivent comme « très bon, le centre n’est pas loin ». De ceux qui veulent déménager 19/10 pourcent se décideraient encore pour la banlieue.

Ce sont surtout les sociologues qui ont été surpris par la valeur que les nouveaux citadins attribuent aux centres villes. Ils considèrent qu’ils rendent « libre ». Pour les munichois, c’est à 90% la liberté d’expression, l’indépendance, la tolérance et la formation qu’ils considèrent comme les valeurs personnelles les plus importantes. Les leipzigois les suivent à 5 pourcent.

Beaucoup d’administration de grandes villes ne sont pas préparées à cette nouvelle fascination pour leurs centres villes. Ils doivent alors se contenter de voir comment leurs habitants migrent vers d’autres centres comme c’est le cas à Essen en ce moment, conséquence d’une réhabilitation manquée et d’une politique de la ville qui a fixé de mauvais objectifs et essaye aujourd’hui de réparer l’hémorragie.

Francfort- Bornheim, samedi après midi. Dans un immeuble derrière l’église, on a sorti les transats. L’arrière du bâtiment aux façades dorées réfléchit les rayons du soleil, les arbres se plient sous le vent et autour de leurs troncs, les enfants s’ébattent. La ville semble être un lointain souvenir. « Nous sommes en vacances » dit une femme en maillot de bain, qui est en train d’habiller un enfant. Les oiseaux chantent. Et la cloche de l’église sonne : « comme au village » dit la dame.

Par Dankwart Guratzsch. « Die Welt » Août 2008. Traduction soleocene. Août 2008.

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