Une réhabilitation du Moyen-âge 

La chute de l'Empire Romain a amené un "pré-soléocène". En effet le Moyen Âge , fut longtemps considéré par la République naissante et ses Hussards Noirs comme un temps d'obscurantisme et de barbarie. Les civilisations précédentes de la Grèce antique à Rome en passant par l'Egypte, étaient plus conformes aux visions politiques des hommes des lumières et du XIXème siècle.

Ce n'est que dans les années du dernier demi-siècle, réhabilité par des auteurs comme Jacques Le Goff ou Georges Duby, entre autres, qui renouvelèrent la recherche historique sur les mentalités et l'anthropologie du Moyen-âge, ainsi que Régine Pernoud qui réhabilita la femme dans la société médiévale, que le Moyen-âge a repris des couleurs. Il retrouva à la suite de ces travaux de recherches, un lustre oublié par deux siècles de malveillance. Les avancées du Moyen-âge, furent nombreuses dans bien des domaines, y compris sur ce qui nous intéresse ici sur Soléocène, la disponibilité énergétique.

L'expansion du Christianisme rendant impossible la persistance de l'esclavage des précédentes sociétés, il dût bien se résoudre a être innovant. En langage moderne nous dirions, s'adapter à la nouvelle donne énergétique. Et c'est ce que nous allons voir...
Que pouvaient donc faire les enfants des précédents empires énergivores déchus ? Ces sociétés hyper-centralisées agissant comme des trous noirs aspirant les ressources naturelles, s'effondraient sous leurs propres poids. Il ne resta qu'une alternative, se lamenter sur l'âge d'or ou réinventer une autre organisation. Le deuxième choix fut celui du Moyen-âge.

L'idée selon laquelle toutes les énergies découlent du soleil, est une observation évidente, de là le Soléocène. Le solaire, la biomasse, le vent, le cycle de l'eau, sont des énergies solaires. Il fallut (faudra) faire avec elles et seulement avec elles.

Les réponses à ce problème des contemporains de Clovis à Denis Papin furent un archéo-soléocène. Même si de vieux Grecs comme Héron d'Alexandrie ou Archimède en particulier, avaient déjà réfléchi pour mettre au point une machine utilisant la vapeur efficacement, leurs travaux oubliés par les hommes de 1500 ans avant JC...Trichet, ne furent pas repris, et à justes raisons: sans ressources énergétiques fossiles abondantes, la machine à vapeur resta une curiosité intellectuelle.

Le soleil, et ses dérivés, la biomasse, le vent, le cycle de l'eau seront donc, avec le travail humain plus ou moins libre et animal, les seules ressources énergétiques durant dix siècles, pour une population mondiale en légère hausse régulière.
Entre le XIIè et le XIIIè siècle, la France passe de 12 à 20 millions d'habitants (http://erra.club.fr/minart/population-francaise.htm). C'est un nouvel âge d'or, qui correspond à l'optimum climatique médiéval (voir a ce propos les ouvrages d'Emmanuel Le Roy Ladurie). Ce fut aussi le temps de la construction des grandes cathédrales, qui malgré leurs tailles respectueuses ne nécessita pas de pétrole pour leur construction. En nous inspirant de cette époque lointaine peut-on y trouver une source d'inspiration ?

D'abord ces énergies sont durables et pérennes, mais elle sont diffuses. Cela implique une grande modération et la fin du plus gros, plus loin, plus vite, des considérations modernes liées à la formidable concentration des charbon, gaz, et pétrole, dont les jours sont comptés. Le haut Moyen-âge de 500 à 750, est donc la fin du commerce Euro-méditerranéen de masse, (une forme de relocalisation), et une fragmentation plus régionale des pouvoirs politiques. La cité urbaine connaît un nouvel essor au Moyen-âge central. Les villes, peu nombreuses et peu peuplées redeviennent des lieux de pouvoir et les capitales se développent, sur les grandes routes marchandes. Des créations ex nihilo de villes nouvelles voient le jours dans le grand sud-ouest portant des nom comme Villefranche de Rouergue, ou sous le terme générique de bastide de [...].

Les anciens villages deviennent des bourgs, les villes deviennent des capitales régionales ou les bourgeois, commerçants, artisans et professions intellectuelles ravissent le pouvoir aux seigneurs féodaux. Nous pourrions y voir les prémisses du capitalisme au sens classique de la constitution de capital productif.

En matière énergétique une grande avancée fut le collier d’épaule qui en remplaçant le collier de cou, transféra la pression exercée par les sangles du harnais de cou, de la poitrine aux épaules, permettent aux animaux de traction de pouvoir emporter de plus lourdes charges. Il apparaît au début du deuxième millénaire, et révolutionne l'agriculture avec la charrue à soc multiples et le transports de marchandises pondéreuses. Comme on le voit, modération rime avec optimisation et imagination.

Le soleil, la biomasse, le vent, l'eau dans un contexte moderne, retours vers le futur.

Le soleil ; fut utilisé pour le séchage et la conservation des aliments, mais aussi dans les tours à vents pour la climatisation naturelle. Pour le chauffage passif des habitation (on ne disait pas encore bioclimatique), nous bénéficierons en plus du solaire thermique et photovoltaïque.

La biomasse ; Le bois bien sûr et son utilisation sous forme de charbon de bois indispensable pour la proto-sidérurgie, jusqu'au maître de forge Abraham Darby et sa coulée au coke. Nous aurons en plus les agro-carburants liquides de deuxième génération, sous réserve de grande modération.

Le vent ; un truc super ça le vent, les Anciens en firent un usage très intensif, toujours d'actualité comme la marine a voile bien plus efficace que les galères (sous toutes ses acceptations...). Les moulins à grain, huiles ou soufflé de forge, etc.. Nous aurons en plus les éoliennes, sous réserve là encore, de modération.

le cycle de l'eau ; inépuisable et source de toute vie. Il fit tourner les aubes des moulins, transportant les pondéreux à la descente des fleuves et des plus petites rivières.
Nous avons depuis l'hydro-électricité, qui reste cependant à développer sur trois continents sous-exploités et nous pouvons compter en plus sur les hydroliennes, l'énergie de la houle, des marées ou de la thermique des océans, sous réserve là encore de ... très grande modération.

Mais il nous reste une autre carte, la géothermie, qui comme son nom l'indique ne vient pas du soleil, mais de la terre elle-même, dûe a la désintégration nucléaire en son coeur. Elle fut utilisée dans les termes Romains, et si Chaudes-Aigues au coeur de l'Aubrac est chaude, elle ne le doit pas au pétrole, mais bien à la géothermie.

Comme vous l'aurez compris le Soléocène est d'abord et avant tout affaire de modération et de sobriété énergétique, comme le Moyen-âge sût le faire. Avec un plus majeur : quelque siècles de recherche & développement qui nous font espérer une meilleur optimisation des énergies renouvelables.

Le moyen-âge en ayant permis une augmentation d'un facteur 4 de la population française, est très loin d'être un âge caverneux. Il a été une société extrêmement productive en terme de recherche et développement. Tout en ayant une consommation 10 fois moindre que la nôtre (http://www.soleocene.org/wiki/index.php?title=Sobri%C3%A9t%C3%A9_et_efficacit%C3%A9), celle de la surconsommation inutile. Il mérite à ce titre toute notre attention, et surtout pas de critiques obscurantistes, bien mal à propos.

Le facteur 4 si cher à ce site, n'est finalement jamais qu'une réappropriation des siècles préindustriels plus une dose de technologies moderne.

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